Les Bédouins

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Les Bédouins sont des Arabes nomades. Ils gardent des moutons, des chèvres et des chameaux dans le désert du Moyen-Orient. Le terme "Bédouin" décrit la manière de vie. Le mot arabe "Bedu" signifie les habitants du désert.

Après la conquête arabe/islamique d'Egypte (au 7ième siècle), les Bédouins se sont installés dans le Sinaï. Ils sont originaires de la péninsule arabique. Ils sont les vrais habitants du Sinaï et voyagent par le désert comme des nomades ou sémi-nomades.

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Le désert du Sinaï est la zone d'habitation de 10 à 13 tribus bédouines. Chaque tribu réclame une certaine région. Le tribu Aleiqat a été une des premières tribus du Sinai. Leur territoire est è la côte ouest. Une exception est la souche Gibeliya (littéralement alpiniste) de la zone autour de Saint-Catharine. Leurs ancêtres ont été transportés de Roumanie et d'Alexandrie vers le désert du Sinai pour construire et protéger le monastère. Donc, ils n'ont aucune origine bédouine.

Aujourd'hui, il n'y a pas beaucoup de Bédouins voyageant. La plupart ont été installé, ou bien aux endroits isolés dans le désert, ou bien dans les villages ou les villes côtières. Pourtant, quand vous leur rendez visite, vous découvrirez que beaucoup de traditions et d'usages sont intacts.

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Les Bédouins constituent des groupes réservés, avec leurs propres lois, traditions et coutumes. A la tête d'une tribu, il y a un sheikh. Il n'a pas l'autorité absolue. Pour des matières compliquées, il doit consulter le conseil de la tribu. Les Bédouins n'acceptent pas bien l'autorité qui est imposée de quelqu'un de l'extérieur de leur tribu, p. ex. par le gouvernement d'Egypte. Un Bédouin est un démocrate et il aime sa liberté et son indépendance.
Les Bédouins sont assez méfiants et ils ne donnent pas facilement des informations concernant leurs origines. L'hospitalité est très importante pour les Bédouins. C'est une règle fondamentale dans la vie du désert. Quand vous leur rendez visite, ils étendent un tapis et ils vous offrent immédiatement du thé sucré. Si les Bédouins vous offrent du café, profitez de cette tradition séculaire et le respect qu'ils vous montrent.

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Chaque invité peut compter sur 3 jours d'hébergement, soins et protection (même un membre d'une tribu hostile). Les règles complexes et strictes, respectées par tous les Bédouins, font que cette hospitalité est sans précédent. Ils veulent satisfaire l'invité. Ils vous donnent beaucoup de nourriture et si nécessaire, ils ne prennent rien eux-mêmes. La nourriture est simple. On mange d'un plat commun et on utilise seulement la main droite.

L'Islam est profondément enraciné dans leur culture et prier est une partie intégrale de leur vie. Le rituel de se laver avant la prière est réalisé de préférence avec de l'eau. S'il n'y a pas d'eau disponible, on utilise du sable (comme indiqué dans le Coran).

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Aujourd'hui, dans le désert du Sinaï, il y a aussi d'autres habitants que les Bédouins. Principalement par le tourisme, de plus en plus de 'non-Bédouins' viennent habiter et travailler dans le désert. Les Bédouins éprouvent beaucoup de problèmes avec tous les changements et nouveautés. Autrefois, ils voyageaient d'oasis en oasis. La vie nomade devient de plus en plus difficile. Les détenteurs du pouvoir de l'extérieur s'ingèrent de plus en plus dans la façon de vie des Bédouins. On s'efforce à les dissuader de leur vie nomade. Contrôler des gens itinérants est très difficile. Cela va de pair avec une politique d'exclusion. Pendant des siècles, l'Egypte a montré peu d'intérêt pour le Sinaï et ses habitants. Mais depuis les accords de Camp David (le retrait d'Israel du désert du Sinaï) et la réussite du tourisme, on a réalisé que la côte du Sinaï est inestimable. Les Bédouins qui vivaient là depuis des siècles ont été totalement ignoré. La réussite du tourisme a eu des conséquences dramatiques pour les Bédouins. Il y a eu de grands problèmes entre les Bédouins d'une part et d'autre part le gouvernement Egyptien et les grands investisseurs. Dans les années 80, le gouvernement a désigné la côte de sharm-el-sheik à Taba comme un grand projet de développement. « La rivièra Égyptienne » devait attirer de grands investisseurs et tout a été fait pour faciliter la vie de ces investisseurs. Dans la première phase de développement de la zone côtière, on n'a pas eu besoin des Bédouins comme travailleurs, parce que les salaires étaient extrêmement faibles. Des travailleurs du Soudan et de certaines parties de l'Egypte étaient disposés à travailler très dur pour un salaire bas. Les Bédouins ont reçu un statu spécial en vertu du droit Egyptien. Ils pouvaient travailler dans certaines zones touristiques comme guide, chauffeur de taxi, vendeur ou guide de chameau. On commençait à construire des campings pour les touristes à petit budget sur leurs terrains dans les zones côtières.

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A partir du milieu des années 80, cela se gâte pour les Bédouins. Ceux qui possédaient des terrains à la côte, étaient tenus à l'écart lorsque le gouvernement Egyptien vendait leurs terrains à de grands investisseurs, c'est-à-dire aux grandes chaînes d'hôtel. Les Bédouins se sont vus refusé l'accès à Sharm-el-Sheik et ils ont même été chassés dans le désert quand ils n'y travaillaient pas ou ils n'y possédaient pas de propriété. La dernière action d'expropriation a eu lieu pendant l'été de 1999. Au nord de Nuweiba, l'armée a anéanti beaucoup de campings, tous exploités par des Bédouins. Les 20 dernières années, les terrains à la côte ont été attribués à des entreprises égyptiennes et étrangères qui investissent dans le tourisme. Les terrains, qui depuis des siècles appartenaient aux Bédouins, ont été tout simplement confisqués. Ils ne pouvaient pas prouver qu'ils habitaient là avant l'année 1982, la fin de l'occupation Israélienne. Evidemment qu'ils vivaient là, mais à ce moment, la majorité de la population était analphabète et ils ne pouvaient pas se défendre contre le gouvernement.

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Aujourd'hui, on a construit beaucoup de postes de police. Le gouvernement se rend compte de qu'il peut contrôler ce pays et ses habitants d'une autre façon. Mais la façon dont ils ont fait cela, combiné avec un manque de compréhension et de respect, a fait que les Bédouins se sentent moins 'Egyptiens' que jamais. Pendant des siècles, les Bédouins ont eu l'habitude qu'ils doivent se justifier auprès du Sheik. Ils le respectent et il les traite sur un pied d'égalité. Les conflits se résolvaient au sein de la tribu et ceci allait bien depuis des siècles. Le gouvernement essaie d'avoir prise sur cette tradition, sans tenir compte des habitudes anciennes et cela conduit à de grands conflits. Les Bédouins n'acceptent pas cette ingérence dans leur culture. Il n'y a pas de respect mutuel et les amitiés entre les Egyptiens et les Bédouins sont rares. Par ailleurs, il y a des groupes de Bédouins qui vivent dans l'intérieur du pays et ils ne sont pas au courant des changements au littoral. Ils ne sont enregistrés nulle part. Avec la méthode actuelle, l'intégration des Bédouins en Egypte a peu de chance de réussir. Les Egyptiens sont stimulés pour déménager au Sinaï pour y travailler dans le tourisme ou dans l'industrie et les Bédouins ne peuvent pas effectuer ces emplois. Une promenade à dos de chameau ou les fêtes de Bédouins dans le désert sont de grandes attractions touristiques à Sharm-el-Sheik, mais elles ne sont jamais ou presque jamais organisées par les Bédouins parce qu'ils ne reçoivent pas de licence pour faire ce travail. Le résultat est un chômage élevé. En raison de leur emplacement isolé, les frais de transport de nourriture sont élevés. Donc, les Bédouins gagnent moins, ont moins de revenus, mais la nourriture est plus chère. Le gouvernement d'Egypte prête peu d'attention à cette affaire. En ce moment, on déclare sur papier qu'on a réservé de l'argent pour cette minorité. En réalité, nous avons appris cela aussi sur le fonctionnement du système de développement international, la plupart de l'argent n'arrive jamais au groupe cible.